OGM : un rendement alimentaire multiplié par 2 aux détriments d’une planète épuisée et d’une humanité menacée

La dissémination volontaire ou accidentelle d’OGM dans l’environnement est une menace supplémentaire pour des ressources naturelles en déclin © Flickr

La dissémination volontaire ou accidentelle d’OGM dans l’environnement est une menace supplémentaire pour des ressources naturelles en déclin © Flickr

 

Toxicité pour certaines espèces animales, risque de contamination des végétaux, allergies chez l’Homme, les OGM se retrouvent maintenant partout, aux quatre coins du monde. Leur existence avait pour but de nourrir l’ensemble de la planète, incapable de venir à bout de la surconsommation et du déséquilibre alimentaire dans le monde avec ses ressources naturelles. Mais les zones d’ombres entourant les OGM se révèlent de plus en plus alarmantes…

Autorisés depuis près d’une quinzaine d’années aux Etats-Unis, les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont remplacé la majeure partie des autres formes de cultures. Les OGM représentent en effet 90 % des surfaces cultivables à l’heure actuelle aux Etats-Unis. Ils requièrent moins de pesticides que les cultures traditionnelles et résistent mieux aux aléas climatiques. Les OGM y représentent désormais la quasi-totalité des cultures de maïs (88%), de coton (90%) et de soja (94%). Il faut savoir que les Etats-Unis détiennent maintenant presque la moitié de la production planétaire et ils en tirent un gros avantage à l’exportation puisque les ventes de soja et de coton vers la Chine ont littéralement explosé. L’année 2013 devrait d’ailleurs enregistrer un record pour les exportations agricoles américaines, qui devraient atteindre près de 110 milliards d’euros alors même que celles-ci ont doublé en 7 ans. Pour la seconde année consécutive, la Chine s’installe ainsi comme le premier client des Etats-Unis, devant le Canada, le Japon et l’Union européenne. Un marché donc très lucratif.

Un amendement a par ailleurs été ajouté au budget du ministère de l’Agriculture et stipule désormais que les juges ne pourront plus faire barrage à la mise en culture d’OGM, même dans le cas où leur homologation serait contestée devant un tribunal. Les mouvements écologistes indignés, ont vite dénoncé un traitement de faveur fait à Monsanto de façon peu subtile. Monsanto, le leader mondial des OGM, se porte au mieux puisqu’il vient d’annoncer une hausse d’un quart de ses bénéfices au premier trimestre de l’année 2013, s’élevant ainsi à 1,14 milliard d’euros, alors même que le groupe réclame plus de 65 000 euros à un producteur de soja âgé de 75 ans, Vernon Hugh Bowman, poursuivi pour avoir osé replanter et cultiver des graines de soja génétiquement modifiées pour résister à l’herbicide que le géant américain de l’agrochimie produit aussi. L’été dernier, la colonisation des terres par les OGM poursuivait sa course vers le nord avec un nombre record de terres du Québec exploitées pour ces cultures. L’écrasante majorité du maïs-grain, utilisé pour l’alimentation du bétail et de la volaille, a ainsi été transformé par génie génétique pour être tolérant aux herbicides ou résistant aux insectes. 83% des superficies de maïs-grain étaient transgéniques en 2012, contre 74% l’année précédente. Les superficies de canola (à 85%) et de soya (à 59%) étaient de la même manière largement génétiquement modifiées l’année dernière.

Monsanto, le leader des organismes génétiquement modifiés (c) Flickr

Monsanto, le leader des organismes génétiquement modifiés (c) Flickr

Les OGM, au delà de la technologie novatrice qui devait permettre de nourrir plus de monde plus rapidement, investissent le globe jusqu’à provoquer des déplacements de populations comme on a pu le constater en Argentine avec plusieurs familles de petits producteurs de miel qui ont dû se déplacer vers le centre du pays face à la « marée verte » du soja transgénique qui détruit fleurs, arbres et plantes privant ainsi les abeilles de toute alimentation. Quand on sait que ces polinisatrices contribuent à 30% de l’alimentation humaine d’origine végétale, et qu’entre 50% et 90% de celles-ci ont disparu depuis quinze ans, il y a de quoi s’alarmer. D’autre part, le site internet « Mons across America » mentionne les résultats d’une comparaison de la composition de maïs GM et de maïs non GM. Cette analyse, ne devant pas être publiée, conduite par l’entreprise ProfitPro, conseillère en agriculture, révèle des différences importantes entre ces deux maïs, concernant le calcium, le magnésium et le manganèse, sans que la nature exacte du maïs transgénique ne soit précisée. Enfin, une autre étude, celle-ci russe, qui vient d’être publiée dans la  presse à l’occasion des Journées de défense contre les risques environnementaux, évoque un tout autre danger. Les OGM pourraient menacer la fertilité de l’Homme d’ici trois générations. Des conclusions toujours plus inquiétantes sans que rien ne soit fait pour autant contre cette technologie lucrative. Si la solution pour venir à bout de la faim dans le monde est d’empoisonner les populations et l’environnement, quel est l’intérêt de poursuivre dans ce sens si ce n’est pour l’intérêt économique d’un géant financier tel que Monsanto ?

 

Axelle Bichon

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