Crowdfounding : financer ses projets grâce aux réseaux sociaux

Kisskissbankbank

Difficile de se lancer lorsque l’on est amateur. Avec 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le crowdfounding remédie à ce manque en transformant les internautes en mécènes. Un nouveau modèle économique, la preuve avec la plateforme KissKissBankBank.

Depuis quelques mois, livres, documentaires, albums et jeux vidéo financés grâce au crowdfunding se multiplient sur le net. Le crowdfounding, littéralement « financement par la foule », est devenu une alternative aux productions formatées issues des industries culturelles et artistiques. Cela donne aux petits créateurs l’opportunité de s’assumer, sans associés ni producteurs, face au public à travers une collecte de petites sommes pour réaliser leurs projets. Ainsi, avec un taux de réussite de 44%, Kickstarter, le leader anglophone du crowdfunding a permis de financer depuis 2009 plus de 20 000 projets.

Ce mécénat solidaire a permis entre autres à KissKissBankBank de se développer en encourageant la créativité, quelque soient les projets. Le principe est a priori simple. « Pour commencer, les créateurs doivent convaincre leur premier cercle communautaire, les amis et la famille, de la pertinence de leurs projets » explique Vincent Ricordeau, co-fondateur de la plateforme. Pour se faire connaître au delà des proches, ils doivent ensuite amener leur deuxième cercle communautaire à s’intéresser et à faire également des dons. « Dans une suite logique, plus un projet est financé par les deux premières communautés, plus il aura de visibilité pour les 3ème et 4ème cercles communautaires : les internautes inconnus et les médias », ajoute-t-il.

Ca passe ou ça casse !

Tous les projets ne marchent évidemment pas. D’après les statistiques de Kickstarter, les projets réussis ont une durée de collecte plus courte et un devis de financement moindre que les projets qui échouent. « Les investisseurs mettent la main à la poche lorsqu’ils adhèrent au projet mais aussi souvent pour aider en échange de contreparties déterminées par le créateur », selon Vincent Ricordeau. Si un projet n’a pas pu être entièrement financé, cela vient soit d’un devis mal jaugé ou du manque d’originalité », insiste-t-il.

Inspiré du magazine musical anglais en ligne Pitchfork, DumDum s’est ainsi fait une place sur le net et s’est développé grâce au financement solidaire de KissKissBankBank. « A l’origine, nous étions 5 à vouloir fonder le webzine mais nous avions besoin de 8 500 euros », explique Antony Mansuy. Ils ont entièrement réuni la somme en convainquant les internautes de l’originalité de leur projet : une plateforme de compilation proposant des clips en flux continu. Sur DumDum, plus besoin de rester sur la même page pour pouvoir écouter une musique sans interruption. « Ce qui nous a le plus servi n’est finalement pas l’argent mais surtout la campagne de communication gratuite faite via les cercles communautaires », précise le co-fondateur.

Des résurrections professionnelles

KissKissBankBank donne également une deuxième chance à des professionnels en difficulté. La Ferme du Hérisson aurait à coup sûr disparu si Thomas Boonen n’avait pas cliqué sur KissKissBankBank.com. En proposant son projet biologique et en collectant 8 000 euros pour financer son « cultirateau », l’ouvrier agricole s’est fait connaître par La Ruche qui dit oui, une plateforme connue pour mettre en relation directe consommateurs et producteurs. Plus qu’une résurrection, grâce à cela, Thomas Boonen s’est fait connaître dans le domaine biologique. Un pari audacieux au départ qui s’est révélé être judicieux.
KissKissBankBank se développe à vitesse grand V avec 6000 projets proposés dont 1500 mis en ligne depuis 2010. « Aujourd’hui, 1 projet sur 2 est réalisé », explique Vincent Ricordeau. « C’est un cercle vertueux car plus KissKissBankBank se fait connaître plus nos créateurs sont visibles sur la toile », conclue-t-il.

Au delà de l’approche financière, le crowdfounding rend la création artistique, voire même professionnelle, accessible à tous. L’entreprise prend un nouveau visage. Chacun peut se lancer à corps perdu dans ce qu’il aime sans risque de faillite. Si le concept avait au départ fait quelques sceptiques, comme Gonzaï, le crowdfounding a finalement rallié tout le monde à sa cause. Même Bester Langs lui-même, l’un des fondateurs de Gonzaï qui avait lancé un tweet assassin contre ce genre de financement, a discrètement opté pour, il y a quelques semaines, afin de financer la version papier du magazine…

Axelle Bichon

Une réflexion au sujet de « Crowdfounding : financer ses projets grâce aux réseaux sociaux »

  1. Bravo Axelle pour cet article. C’est toujours plaisant de lire du contenu sur ce nouveau mode de financement quelque peu révolutionnaire et bien utile pour tous les porteurs de projets participatifs.

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